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L’ONU indexe les écogardes comme auteurs des plusieurs violations de droits humains à l’égard des pygmées BAKA dans la forêt tropicale.

A travers les résultats de ses enquêtes rendues public, l’ONU a accusé les écogardes de restreindre les libertés des peuples pygmés dans leur habitat naturel. Wildlife Fund, WWF, qui les finance et les arme pour protéger la faune sauvage en République du Congo annonce n’avoir aucune tolérance pour les écogardes auteurs de différentes violations de droits humains envers ses autochtones. Plusieurs témoignages font état que ces écogardes passe de temps à battre et intimider des centaines de pygmées Baka vivant au fond des forêts tropicales.

Une équipe d’enquêteurs envoyée dans le nord de la République démocratique du Congo par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour évaluer les allégations de violations des droits de l’homme a recueilli des preuves «crédibles» provenant de différentes sources, selon lesquelles des chasseurs-cueilleurs de tribus Baka vivant près d’un parc national avaient été victimes de violences et des sévices physiques infligés par les gardiens au fil des ans, selon une ébauche divulguée du rapport.

Les allégations, rapportées à l’ONU l’année dernière, incluaient des membres de la tribu Baka battus par les écogardes, mais également l’emprisonnement illégal d’hommes Baka, des expulsions sommaires de la forêt, l’incendie et la destruction de biens et la confiscation de nourriture” affirme ce rapport cité par le média britannique The Guardian.

En outre, l’unité de la conformité sociale et environnementale du PNUD a appris comment les écogardes auraient traité les hommes baka comme des «sous-humains» et humilié certaines femmes baka en les forçant à enlever leurs vêtements et à «être comme des enfants nus».

Le rapport dit: “Ces coups se produisent lorsque les Baka sont dans leurs camps le long de la route ainsi que lorsqu’ils sont dans la forêt. Ils affectent les hommes, les femmes et les enfants. D’autres rapports font référence à des écogardes pointant une arme sur un Baka pour le forcer à en battre un autre et à des gardes qui emportent les machettes des Baka, puis les frappent avec ces machettes

«Selon certaines informations, des hommes baka ont été emmenés en prison et ont été victimes des actes de torture et de viol à l’intérieur de la prison. La veuve d’un homme baka a raconté que son mari était si maltraité en prison qu’il est décédé peu de temps après sa libération. Il avait été transporté à la prison dans un véhicule marqué par le WWF. »

Le projet de rapport, daté du 6 janvier 2020, ajoute: «La violence et les menaces sont à l’origine de traumatismes et de souffrances dans les communautés baka. Cela empêche également les Baka de poursuivre leurs moyens de subsistance coutumiers, ce qui contribue à leur marginalisation et appauvrissement. »

Le projet phare de 21,4 millions de dollars dit “Tridom 11” dans le nord de la RDC, mis en place en 2017 avec des fonds du WWF, du PNUD, de la Commission européenne, des gouvernements américain et congolais et du Fonds pour l’environnement mondial, ainsi que des conglomérats d’exploitation forestière et d’huile de palme, comprend comme pièce maîtresse une zone de 1 456 km2 de forêt connue sous le nom de Messok Dja.

Ce “hotspot” mondial de biodiversité est riche en faune, y compris les éléphants, les gorilles et les chimpanzés, mais a été utilisé pour la chasse au petit gibier par les tribus semi-nomades Baka depuis des millénaires. Le WWF a fait pression pour qu’il soit désigné zone protégée, ou parc national, pendant 10 ans, au motif qu’il réduirait la criminalité liée aux espèces sauvages et agirait comme un couloir écologique reliant les parcs nationaux du Cameroun voisin.

De son côté, WWF affirme que les écogardes étaient employés par le gouvernement congolais, mais admet avoir contribué à leur formation et à leurs salaires avec d’autres bailleurs de fonds à travers le projet interzone de Tridom (ETIC), une collaboration du gouvernement du Congo avec le WWF. Il ajoute qu’aucune restriction légale n’empêche les Baka d’utiliser les forêts.

Dans un e-mail adressé au Guardian, un porte-parole du WWF a déclaré: «Le financement du WWF est versé sur les comptes de l’ETIC, puis à son tour distribué par l’ETIC. Une partie de ce financement sera consacrée aux écogardes, notamment pour la formation, les salaires et l’équipement. »

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