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RDC : Plus de 15000 ménages des déplacés internes vivent sans assistances dans le Territoire de Beni.

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« Quand la vie ne vaut plus la peine d’être vécu », seule la solidarité africaine et/ou internationale sauve. Ne fermons les yeux quand un seul individu souffre de la guerre. Il manque les articles ménagers essentiels, moins encore l’abri. Votre action en faveur de ses familles va sauver une vie.  

Depuis plus d’une année, Marie Kahambu, une trentenaire et mère de dix enfants, vit dans le camp de déplacés d’Oïcha chef-lieu du Territoire de Beni, celle-ci a fui le village de Mukoko au mois de septembre de l’an 2018 où les rebelles ougandais de l’ADF ont massacrés ses voisins et plusieurs autres membres de sa famille.

Aujourd’hui elle vit dans une situation difficile dans une école à Oïcha, devenue un site des déplacés. Selon elle, ils vivent à plus de 5 ménages dans chaque salle de classe: « nous partageons la 1ère année B avec 4 autres familles et nous sommes chaque fois entassés comme si nous étions à un lieu de deuil,…» s’exclame-t-elle.

L’école primaire Mwangaza accueille à elle seule  actuellement plus de 199 ménages ; elle joue deux rôles à la fois, le matin c’est un lieu d’apprentissage et d’encadrement scolaire et le soir elle sert de logis: « Ça fait environs une année, nous venons de plusieurs  coins du Territoire de Beni; nous n’avons aucune assistance de la part du gouvernement ni des Organisations Non Gouvernementales « ONG », nos enfants manquent de quoi mettre sous la dent, et ils souffrent de la kwashiorkor, un signe de la mal nutrition, de la malaria et autres infections. Nous ne pouvons rien », regrette Marie Kahambu.

A part la faim qui nous tue, nous vivons la peur au quotidien car non loin d’ici il y a des crépitements des balles du jour le jour, renchérit-elle.

Dans ce site d’Oïcha, Baguma Bakoloba Issa est représentant de tous les déplacés; il crie au secours  et demande aux autorités  de penser à eux avant que l’un de leur n’enterre un fils à cause de la famine.

Baguma Bakoloba Issa, représentant des déplacés vivant dans l’école Mwangaza à Oïcha, 22 Démbre 2019. Photo : Djaffar Al Katanty

Pour lui la situation des déplacés à Beni mérite une attention particulière vue que le nombre des déplacés ne fait qu’augmenter au lieu de diminuer: « personne n’est fière de rester ici ,si le calme revient dans nos milieux respectifs nous ne resterons pas  dans ce coin même  une seconde; le plus grand souhait reste le retour de la paix dans la région de Beni, que les autorités rétablissent la paix dans nos villages pour que nous puissions rentrer cultiver nos champs et nourrir nos enfants », a-t-il souligné. 

Plus d’un village a été abandonné en Territoire de Beni et la situation sécuritaire reste instable jusqu’à ce jour.

Lyliane Safi Sharanguza