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RDC : Qui est Alexis Tambwe Mwamba, le nouveau président du sénat ?

Thambwe Mwamba est originaire de la province du Maniema. Il est licencié en droit de l’université du Burundi et en Droit et sociologie du travail de l’université libre de Bruxelles. Il a, par ailleurs, un diplôme honoris causa de Docteur en philosophie. Il est aussi avocat au barreau de Kinshasa.

Sous l’ère Mobutu, il a été administrateur délégué et vice-président du conseil d’administration de la Société minière et industrielle du Kivu (SOMINKI),(à l’époque troisième société minière du pays), administrateur à la société nationale des chemins de fer du Zaire(SNCZ),à la Banque commerciale Zaïroise (BCZ), au conseil d’administration des Instituts supérieurs congolais (ISP), à l’association nationale des entreprises du Zaire (Aneza), à la compagnie belge de gestion minière (COGEMIN), à la compagnie financière et minière belge (COFIMINES) , et enfin président délégué général de ( l’OFIDA) Office des douanes et accises[3].Puis ambassadeur du Zaïre en Italie.

Il est l’auteur de « Droit douanier zaïrois » (1996) et « Trois années de reconstruction » (2006)

En 1991, il devint le président-général de l’Union des démocrates indépendants (UDI), plate-forme politique créée par Kengo wa Dondo pour soutenir Mobutu dans le cadre de la Conférence nationale souveraine.

Avec l’arrivée au pouvoir de l’AFDL en mai 1997, Alexis Thambwe-Mwamba s’exile à Bruxelles, d’où il rejoint la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui débute en août 1998 (Deuxième guerre du Congo). Il devient chargé des relations extérieures du RCD en janvier 1999, en tant que « chef de file visible des mobutistes ralliés au RCD » comme le qualifie la journaliste belge Colette Braeckman

Après un conflit sans solution avec le Président du RCD, il s’aligne aux côtés de Jean-Pierre Bemba avec qui il arrive à Kinshasa après les négociations de Sun City.

En vertu des Accords de Pretoria, il est ministre du Plan du gouvernement de transition du 30 juin 2003 au 16 mars 2006, date à laquelle il démissionne de ses fonctions ainsi que de son parti.

Élu député national indépendant du Maniema lors des élections législatives de 2006, il devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement Muzito lors du remaniement ministériel du 27 octobre 2008

Candidat indépendant à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, il n’est pas réélu aux législatives de 2011

Le 7 décembre 2014, sous un remaniement du gouvernement, il est nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux et Droits

Diplômé, administrateur, directeur général, avocat, et plusieurs fois ministre, 76 ans d’âge, le natif du territoire de Kasongo dans la province du Maniema a passé la grande partie de sa vie à gérer les entreprises publiques et les portefeuilles de l’Etat mais aussi côtoyé le mouvement rebelle du RCD/Goma.

Sous Mobutu, Il a occupé plusieurs fonctions administratives. Il a notamment été administrateur à la Société́ nationale des chemins de fer du Zaïre (SNCZ), à la Banque commerciale zaïroise (BCZ), au conseil d’administration des Instituts supérieurs congolais (CA-ISC) et à l’Association nationale des entreprises du Zaïre (Aneza). Il a également occupé de hautes fonctions à la Compagnie financière et minière belge (Cofimines), à la Compagnie belge de gestion minière (Cogemin) et à la Société minière et industrielle du Kivu (Sominki), à l’époque troisième société minière du pays. C’est encore lui qui a été président délégué́ général de l’Office des douanes et accises (Ofida). 

Il s’est vu désigné ambassadeur du Zaïre en Italie, avant d’être nommé ministre des Travaux publics, de l’Urbanisme, de l’Habitat, du Commerce extérieur et des Transports. À la chute du dictateur en 1997, Thambwe quitte le pays, refuse de négocier avec le rebelle Laurent Désiré Kabila et se réfugie en Belgique.

Pour l’affronter, l’ancien proche de Mobutu pose ses valises au chef-lieu de la province du Nord-Kivu (Goma) aux côtés du rassemblement congolais pour la démocratie (RCD/Goma), une rébellion soutenue par le Rwanda. Le pays s’embrase. Kinshasa n’a de contrôle que sur une portion du territoire. Des seigneurs de guerre pillent les ressources du sous-sol dans l’Est du pays, une guerre civile éclate en Ituri.

Dans cette aventure peu élogieuse, Thambwe Mwamba a côtoyé ses anciens collègues Mobutistes, notamment Tryphon Kin Kiey Mulumba et Lambert Mende. Mais lors de la réunification, il quitte le RCD/Goma pour le Mouvement de libération du Congo (MLC)  de Jean Pierre Bemba. C’est sous les aisselles de ce parti que Thambwe Mwamba regagne Kinshasa et se voit confier le ministère du plan. Mais l’aventure avec Bemba était de courte durée. En 2006, il décida pour des raisons de « convenance personnelle » de quitter le MLC et le ministère de Plan pour évoluer en électron libre.

De retour dans son fief Kindu, Thambwe Mwamba, se pointe candidat à la députation nationale et récolte des voix.  Elu député national, il ne siégera que pour quelques mois, avant d’être nommé, en 2008, ministre des affaires étrangères par Joseph Kabila, un portefeuille qu’il contrôle jusqu’en 2012.

Lorsque Matata Mponyo est nommé premier ministre, Thambwe Mwamba disparaît des radars, mais évolue dans l’ombre. En 2016, il revient encore dans l’équipe gouvernementale et prend le contrôle du ministère de la justice avant d’être élu sénateur dans sa province du Maniema.

David Lupemba

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