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RDC–Ebola : L’épidémie monte en pique depuis les attaques contre les CTE malgré les efforts des équipes de la riposte.

Les attaques simultanées en février dernier contre les équipes de la riposte à la Maladie à Virus Ebola à Butembo, ont eu comme effet une surélévation de nombres des cas confirmés dans toute la région de l’épidémie. Les malades fuyant les CTE lors des différentes attaques ont contaminés leurs familles et familles d’accueil qui ont à leur tour contaminé d’autres gens dans la communauté. La résistance communautaire reste le plus grand défi malgré les efforts tant appréciables des équipes de la riposte.

Depuis la fin de mois de Mars les chiffres ne cessent de battre les records, et ce ne sont pas les chiffres des sortis guéris mais ceux de nouveaux cas confirmés. Le record jamais égalé depuis le début de l’épidémie de 14 cas confirmés par jour dans l’ensemble de la zone touchée, a été égalé le 27 mars pour être battu son lendemain avec 15 cas, puis lui aussi battu avec 16 cas au 07 Avril et aujourd’hui nous avons un autre chiffre record de 18 nouveaux cas confirmé dans la journée d’hier.

Le gouvernement de la RDC qui avait rouvert les CTE après les attaques pour poursuivre la prise en charge avait affiché un grand regret quant au comportement que présente le peuple dans cette partie du pays. « Il faut toujours se dire que les nouveaux cas qu’on présente aujourd’hui sont le reflet des activités de riposte des 3-4 dernières semaines précédentes. C’est pour cela que lors de sa conférence de presse au début du mois de mars, le ministre avait prévenu qu’il fallait s’attendre à une augmentation importante de cas dans les semaines à venir vu l’impossibilité des équipes à travailler suite à l’augmentation de la violence contre les équipes de terrain et la destruction des CTE les semaines précédentes ». Précise Jessica Ilunga, la chargée de Communication du ministère de la santé.

Cette 10ème épidémie d’Ebola en RDC est confrontée à plusieurs défis qui font d’elle la plus grande et meurtrière de toutes les précédentes et la 2ème dans l’histoire mondiale de la maladie avec à ce jour 751 décès. Parmi les défis nous citerons le problème sécuritaire dans la région de l’Est de la RDC, le surpeuplement de la région, les mouvements intenses des populations, l’inaccessibilité facile à certains coins et surtout cela s’ajoute l’hostilité de la population envers les équipes de la riposte.

« Le défi le plus important dans la riposte ici à Butembo, c’est d’abord l’adhésion de la communauté. Lorsque nous sommes arrivés il y avait une parfaite collaboration entre les équipes de la riposte et les communautés ; mais avec la situation politique et certains évènements qui ne dépendaient pas de la riposte, la population a dû prendre un certain nombre d’attitudes qui n’étaient pas bonnes. » Reconnais Dr. Justus NSIO, Coordonnateur de la riposte à Butembo.

Cimetière de Kitatumba où sont enterrées les victimes d’Ebola de Butembo © Photo : Djaffar Al Katanty

    Des chiffres alarmants viennent au rendez-vous tous les jours depuis la fin de Mars, à l’exemple de ceux d’aujourd’hui : 18 nouveaux cas confirmés, 10 nouveaux décès, contre seulement 4 guéris. Et pourtant il y a lieu d’y avoir sourire et ne jamais pas atteindre ces chiffre comme le témoigne monsieur Katembo Tshikene Tshikanakwa, 46 ans, père d’une fille malade d’Ebola prise en charge au CTE de Butembo « Il faut que les gens soutiennent les CTE, parce que avec ce que je viens de voir, j’ai espoir que ma fille va guérir. Il faut que tout le monde soutiennent la riposte pour que les gens viennent se faire soigner afin d’éradiquer complètement cette épidémie dans la région. Si nous les soutennons sans leur résister, nous sauverons beaucoup des gens. Car beaucoup sont morts à cause de la résistance, alors qu’il y a lieu de guérison. L’état dans lequel je trouve ma fille, me dit qu’elle reviendra très prochainement à la maison et retournera au travail ».

    Le 28 mars dernier, au CTE de Butembo, nous avons rencontré un vainqueur d’Ebola fraichement déchargé, cet homme de 50 ans et père de 6 enfants n’a pas voulu exposé son identité de peur de ce que les détracteurs des équipes de la riposte peuvent et penser et faire de lui.

    « J’ai été malade et je suis allé au Centre de santé d’Ivatama. En y arrivant, on me dit que je suis un cas suspect d’Ebola. Et que je dois être soigné à Butembo. Le véhicule est venu me prendre et je suis arrivé ici le lundi. J’ai été amené à l’hôpital. Et je viens d’être libéré aujourd’hui, je rentre à la maison. Merci. Les personnels soignants sont en train de faire un bon travail. Que les gens viennent nombreux. On mentait que les gens meurent en venant ici. Je constate plutôt que c’est ici où il y a la guérison. » A-t-il dit avant d’appeler les gens à la raison ; « Je demande aux gens de ne pas trainer les pas au village, s’ils se sentent malade. Il faut vite aller à Butembo parce que si la maladie est découverte avant le temps la guérison est rapide et on quitte Butembo dans peu de temps. »

    Si tous les habitants de la région écoutaient le monsieur, la MVE ne serait pas aussi meurtrière qu’elle l’est.

    Il faut donc attendre que toutes les communautés de cette partie de la RDC adhèrent au soutien des équipes de la Riposte, pour que les chiffres soient revus à la baisse et espérer une bonne victoire de contre cette épidémie.

    Djaffar Al Katanty

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