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Beni : la société civile demande à la Monusco de ne plus renouveler son mandat (interview)

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La société civile de Beni demande à l’organisation des nations unies de ne plus renouveler le mandat de la Monusco, surtout dans la région de Beni, secouée par une insécurité sans nom depuis plusieurs années au vue et au sue de forces des nations unies.

 À l’issue d’une réunion entre les responsables de la société civile de Beni et la Monusco vendredi 22 février dernier, Sheikh Jamali Mussa, vice-président de la société civile dans le groupement Batangi-Mbau et participant à cette réunion, a dénoncé ce qu’il qualifie d’inefficacité des troupes onusiennes. Il a appelé cette dernière de s’autoévaluer par rapport aux actions militaires pour éradiquer l’insécurité.

«Nous avions échangé ce vendredi avec les responsables de la Monusco dont la brigade de force d’Intervention (FIB) et les autorités militaires de la RDC. Après que nous ayons grandement discuté, la Monusco nous a dit qu’elle est venue en aide aux FARDC pour rétablir la paix et la sécurité dans notre région et protéger la population civile. » Dit-il avec méfiance avant de continuer, « nous pensons que ce slogan “protection civile” n’a pas de place parce que la population continue de se déplacer. Depuis le début des tueries en 2014 jusque cette année, la population se déplace encore, des personnes sont enlevés ou tués. »

Cette méfiance contre la Monusco dans le grand-nord est la conséquence des attaques à répétition dans la région de Beni malgré la forte présence onusienne. « Ils nous avaient dit que leur mandat prend fin en mois de mars 2019, et nous leurs avions dit de ne plus le renouveler. »

Cette rencontre entre la Monusco et la société civile est intervenue après que les forces vives aient dénoncé l’inactivité des forces onusiennes lors d’une attaque près de sa base à Mavivi, où deux personnes étaient tuées par balles des rebelles présumés de forces démocratiques alliés (ADF). La Monusco aurait fermé la porte aux civils qui voulaient se cacher dans ces installation a affirmé la société civile.

Delphin Mupanda