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Le bilan provisoire de l’attaque ce samedi 9 mars 2019 du Centre de Traitement d’Ebola de l’ITAV à Butembo a fait état d’un policier tué et un autre blessé, et quelques autres membres de l’équipe qui travaille dans la risposte. Ce Centre de Traitement d’Ebola qui est pris en charge par l’OMS et le ministère congolais de la santé devait avoir la visite du Docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus directeur général de l’Organisation mondiale de la santé dans la journée.

Le fait s’est déroulé tôt ce matin, des assaillants lourdement armés ont lancé un assaut sur cette structure située dans la commune de Kimeni avant d’être repoussés par les forces de défense et de sécurité après un échange des tirs d’environ une demi-heure. Selon les agents impliqués dans la riposte et qui étaient de garde, certains des assaillants ont réussi à s’introduire à l’intérieur du CTE. Ils ont blessé à la machette l’un d’eux affectés au service de gestion de déchet, témoigne un hygiéniste rencontré le matin de ce samedi 9 mars 2019.

« Nous avons été surpris en nous réveillant à 5 heures 55 minutes, nous entendons qu’il y a des crépitements des balles à la guérite des militaires pendant que nous étions déjà en plein travail. Quelques instants après, nous apprenons qu’un policier vient d’être tué à la guérite des policiers. Les assaillants se sont introduits ici dans la clôture et ils ont blessé un de nos collègues qui est opérateur des déchets. Ils l’ont rencontré là quand il voulait se sauver et l’ont poignardé à couteau. Ceux qui avaient des couteaux sont entrés dans la clôture et ceux qui avaient des armes à feu étaient à l’extérieur. Moi j’ai vu 3 personnes. Ce qui nous étonne est que nous tous qui travaillons là-bas nous sommes des fils du terroir, parmi nous il n’y a personne qui n’est pas d’ici. Nous ne comprenons pas pourquoi nos frères continuent à douter de l’existence de la maladie à virus Ebola. La maladie est là. Parce que si nous continuons avec ces blagues en tout cas le monde entier va se moquer de nous ; ce que nous faisons ne se fait jamais. Ailleurs on ne s’attaque pas aux personnels soignants. Et si ces personnels soignants se retirent et refusent de nous soigner ».

 Plusieurs d’entre le personnel de la riposte se sont enfouis dans tous le sens. Certains sont allés se cacher dans le local d’internement des cas confirmés d’Ebola. Après l’attaque toutes ces personnes ont été soumises au protocole de désinfestation.

Cette attaque à ce CTE est la deuxième après celle du mercredi 27 février dernier. Lors de sa réouverture le samedi 02 Mars le maire de Butembo avait annoncé le déploiement de la police et de l’armée autour des centres de traitement d’Ebola de cette entité  pour les protéger contre les attaques armées. Depuis le lancement de la riposte contre Ebola on dénombre en ces jours sept hommes en uniforme tués.   Parmi ceux-ci deux policiers tués au CTE de l’ITAV, cinq militaires tombés sur le champ d’honneur respectivement aux postes de  lavage des mains de Mavono, Biasa et Kitakandi.

Ce même samedi le poste de santé La consolation, fonctionnant sur la colline de Ngese en commune de Bulengera, dans la zone de santé de Katwa a été incendié. Tous les biens et matériels qui s’y trouvaient ont été consumés. L’infirmier qui montait la garde a quant à lui été sérieusement molesté. Monsieur SAMSON KYABWANGANA comme c’est de lui qu’il s’agit, rapporte que les assaillants étaient munis d’armes blanches. Ils accusent cette structure sanitaire de collaborer avec les équipes de riposte contre Ebola. Agé de plus de 70 ans, cet infirmier laborantin du poste de santé brulé à Ngese, mentionne qu’il n’a jamais vécu un tel événement, durant toute son expérience de plus de 40 ans d’infirmier. Selon lui, rescapé, le poste de santé la consolation n’a enregistré qu’un seul cas de décès depuis que la maladie à virus Ebola a été signalée à Butembo. Mais le résultat du laboratoire était sortie négatif, fait-il savoir. Et depuis lors, cette structure n’était plus fréquentée par les malades, il fait de cela plus de deux semaines.

Florida Kahambu